Les Racines Profondes : Quand le Chakra Racine Murmure son Besoin d’Attention

Imaginez-vous comme un arbre ancien.

Vos branches s’élèvent vers la lumière, vos feuilles dansent avec le vent des rêves et des aspirations. Mais si vos racines, enfouies dans l’obscurité humide de la terre, sont fragiles, desséchées ou blessées, alors le moindre coup de vent fait trembler tout votre être.

C’est exactement ce que vit le chakra racine, Muladhara, quand il est bloqué. Il ne crie pas. Il murmure. Et ces murmures, trop souvent, nous les prenons pour des défauts de caractère, des peurs « normales » ou simplement « la vie qui est dure ».

Les murmures du corps

Un matin, vous vous réveillez et vos jambes semblent peser des tonnes, comme si la gravité avait soudain doublé son exigence sur vous seul.

Vos pieds sont froids, même sous trois paires de chaussettes.

Une douleur sourde s’installe dans le bas du dos, là où la colonne rencontre le bassin – ce lieu précis où l’énergie devrait couler librement vers la terre.

Vous attrapez froid plus souvent qu’avant, comme si votre corps avait oublié comment se défendre.

Parfois, c’est le contraire : une prise de poids inexplicable, comme si le corps accumulait des réserves par peur de la disette à venir.

Ce ne sont pas des coïncidences. C’est la terre qui vous rappelle : « Je ne te sens plus. Reviens. »

Les murmures de l’âme

Il y a cette petite voix intérieure qui répète sans cesse :

« Et si demain tout s’effondrait ? »

« Et si je perdais mon travail, mon logement, ceux que j’aime ? »

Vous vérifiez trois fois si la porte est fermée. Vous gardez des factures payées en avance, des conserves au fond du placard « au cas où ».

Vous rêvez souvent de chutes, de vide sous vos pieds, de sols qui s’ouvrent.

Parfois, c’est l’inverse : une colère sourde qui monte sans raison, une envie de tout envoyer valser, comme un animal acculé qui montre les crocs.

Ou alors une apathie profonde : plus rien n’a d’importance, car de toute façon « ça finira mal ».

Les murmures dans la vie quotidienne

Vous repoussez les décisions importantes : changer de travail, déménager, investir, vous engager vraiment.

« Pas maintenant. Ce n’est pas sûr. »

Vous avez du mal à dire non, par peur de perdre l’approbation des autres – cette approbation qui, inconsciemment, vous semble être votre seul lien avec la sécurité.

Vos finances ressemblent à un yo-yo : dépenses impulsives suivies de restrictions extrêmes.

Vous vous sentez souvent « à côté » du monde, comme un spectateur qui n’ose pas entrer pleinement dans l’arène de la vie.

Un exemple vécu

Je me souviens d’une femme que j’ai accompagnée il y a quelques années. Elle était brillante, créative, mais vivait dans une anxiété permanente. Chaque mois, elle paniquait à l’idée que son compte bancaire descende en dessous d’un certain seuil, même si elle gagnait bien sa vie.

Elle avait mal aux reins chroniquement, dormait mal, et se sentait « flottante », comme déconnectée de son corps.

Un jour, en méditation, elle a eu cette image très claire : une petite fille de cinq ans, seule dans une grande maison vide, attendant que ses parents rentrent.

C’était elle, enfant, lors des nombreux déplacements professionnels de ses parents.

Son chakra racine avait appris très tôt que le monde n’était pas un endroit sûr où poser ses valises.

Quand elle a commencé à marcher pieds nus dans l’herbe chaque matin, à répéter doucement « Je suis là. Je suis en sécurité maintenant », à poser des pierres d’hématite sur son ventre en respirant, quelque chose s’est apaisé.

Lentement. Profondément.

La peur n’a pas disparu d’un coup, mais elle a cessé d’être aux commandes.

Écouter le murmure avant qu’il ne devienne un cri

Ces signes ne sont pas des punitions.

Ce sont des invitations tendres et insistantes de la partie la plus ancienne de votre être : celle qui veut simplement vivre, exister, appartenir à cette terre.

Quand vous commencez à les écouter – vraiment écouter – vous vous rendez compte que sous la peur, il y a un immense désir de paix.

Un désir d’être tenu par la vie, comme un enfant dans des bras solides.

Alors, la prochaine fois que vos pieds seront froids, que votre dos vous fera mal, ou qu’une peur irrationnelle montera,

arrêtez-vous une seconde.

Posez vos mains sur le bas de votre ventre.

Respirez lentement.

Et dites-lui, à cette partie de vous si ancienne et si sage :

« Je t’entends.

Je reviens.

Nous sommes à la maison maintenant. »

Vos racines vous attendent. Elles n’ont jamais cessé de vous porter. 🌳❤️

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